Au commencement belle Afrique, ceux là même qui refusèrent les Tables des Lois pour mieux exterminer le Peuple-Sisyphe que l'on nomma « Elu », ces êtres aux origines garanties Pures Essences aux Extraits d'huiles essentielles et au Ph blanchâtre, tes anciens violeurs Afrique ; ce matin, ils ont mis fin à tes souffrances ancestrales. Au XVI siècle de leur ère, ils t'ont nommée. Depuis que le Verbe existe, nommer c'est contrôler. Tu es devenue une aire sombre et Primitive, un tombeau de sable pestilentielle et contagieux. Dors tranquillement à présent car en ce jour de châtiment public, Afrique tu es exsangue. Tes veines portaient bien en elle ce sang rouge, ta semence était blanche et ta raison nègre. Seulement voilà, avant même de pouvoir reconstruire ta mythologie, ils...nous t'avons éventrée de bon matin avec l'Epée d''Excalibur, sceau de la Réalité made in Vatican. Et puisque la réalité est ce qui subsiste, y compris lorsque l'on cesse d'y croire, belle Afrique tu n'as jamais été.
Le souffle des civilisations Nègres brûle dans un autodafé visible depuis les premières étoiles colonisées, alors que l'équivalent de cinquante bibliothèques d'Alexandrie était réduit en cendres, Wolof, Ibo et Ashanti disparaissaient. Quelle farandole mortuaire! Ce matin Afrique, te voilà reléguée sous les exemplaires du recueil des mythes platoniciens. « L'AFRIQUE, CE MYTHE » ne dépassera pas les 500 exemplaires vendus à sa publication, les dieux seuls savent quand.
Nt1bel
