"L'homme est un loup pour l'homme" selon l'expression consacrée de Hoobes. À ceux qui ne voudront voir dans ce film que des Zombies et la fin du monde...Danny Boyle va tout de même plus loin.
Tout comme "La peste" de Camus était une métaphore des fascismes, ce "28 days after" relate la disparition (supposée) de l'espèce humaine. Sur l'île qu'est l'Angleterre, le mal se répand. "28 days.." est l'antagonisme de "L'Utopie" de Thomas Moore (le bouquin). Toujours sur cette île, sauf que cette fois-ci, ça dégénère vraiment. Finis la politique et le régime parfait.
Et si le monde sait l'expansion de cette contamination, si l'Angleterre est réellement en quarantaine dans le film, on pourrait penser aux images du début. Lorsque le singe ingurgite des reportages TV sur des lynchages, sur le côté "noir" de l'homme. "People killing people" scande le général dans le film. Non seulement c'est la réalité, mais le MONDE se tait ou n'en dit pas assez :
Soudan, Algérie, Népal, Malawi, Angola, Sri Lanka, Rép. Centrafricaine, Tchétchénie ... Là où, au final, on tue même avec la couverture des médias.
C'est cela la normalité !!! Désolé pour ceux qui veulent la paix perpétuelle, ou la TOLÉRANCE partout (et seul le hasard sait combien j'apprécie la tolérance). La HAINE et l'ignorance rendent les humains tellement plus légers parfois. Qu'il est doux de ne point penser et d'aller craché sur le corps de son voisin parce qu'il est juif, Serbo-musulman,tchétchène, etc...et parce que notre culture nous l'impose. Parce que nos parents nous ont endoctriné, parce que le voisin est DIFFÉRENT.
Combien d'adultes prétendent en temps de guerre qu'ils ne veulent pas que leurs enfants revivent cela, mais s'empressent les bombardements finis de faire de leur propre chair des SOLDATS (cf Sierra Leone, Syrie ... et tout simplement l'Italie mussolinienne et l'Allemagne hitlerienne).
Tout comme dans "La Peste", il s'agit là d'un virus amené par un animal (ironique). UN VIRUS qui se répand par la suite comme un feu de fôret. Et la FUREUR touche tout le monde. Seul celui qui s'est endormi par exemple découvre les rues londoniennes vides. Dans le coma, il a survécu.
Les CONTAMINÉS ne reflètent en rien l'état ANIMAL de l'homme!!!!! L'animal reste sur ce point relativement rationnel. Il tue souvent pour vivre, survivre, se nourrir, nourrir les siens. Les Contaminés dans le film de Danny Boyle sont bien à l'image des Zombies et des monstres que l'on invente depuis toujours. Ils tuent pour PROLIFÉRER, tels des missionnaires ils convertisent les "impurs" ("purs" dans le cadre du film). Seulement voilà, nous sommes déjà tous contaminés.
La question n'est pas "comment éradiquer le "mal".La question est comment vivre avec et faire reculer le plus possible l'ignorance et la haine ambiante.
Nt1bel -03 juin 2003-

