Père du Burkina Faso : THOMAS SANKARA (1949-1987)

Père du Burkina Faso : THOMAS SANKARA (1949-1987)
«Il faut proclamer qu'il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu'il a été grand hier et donc, peut-être aujourd'hui et demain. Fonder l'espoir.
La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l'esprit de néo-colonisé qu'il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes.
Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c'est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins».
(
T.S)

Sans un ami éclairé, je n'aurais pas connu cette figure politique africaine. Si "Tom Sank" ne vous dit rien, faite un tour sur ce site maintes fois interdit : http://www.thomassankara.net
Après cela, difficile d'ignorer le parcours et les idées de cet homme. L'Afrique a probablement manqué de Sankara et reste prise à la gorge par trop de Blaise Compaoré (et pas seulement par eux... cf le discours de Sankara)



Thomas SANKARA (Poème)

«Je chante ton nom qui donne frisson
Toi qui as refusé étau et marteau
Toi le digne fils de Tounkara
Tu n'as pas menti à ton nom
Tu n'es pas Sankara
Tu es un diamant de cent carats
Ton éclatement illumine l'Afrique Sankara,
diamant de cent carats
Le fifre qui fait vibrer les fibres d'Afrique
Hélou , Hélou , Hééélou lo!
Ris d'eux , Oh , Ris d'eux!
Ceux qui ont précipité ton éclatement
Ceux qui ont voulu ta métamorphose
Comme jadis Soundjata dans le Sankari
En vain ont-ils voulu te circonscrire
Avec ce machin manipulé-téléguidé
Ce compas au rez de la trahison
Diamant de cent carats , tu es éternel
Car tu es à la fois Noir-Rouge-Blanc.»


Eloi Koussawo Bruxelles (15 octobre 2002 )


Nt1bel - le 05 juillet 2004

# Postato domenica 04 luglio 2004 20:35

Modificato lunedì 12 dicembre 2005 08:32

COLLAGÈNE, BOTOX... MES AMOURS !!!!

Ci-dessus, le Botox par Dave Chapelle

«Les injections de collagène? Pas pour tout se suite!» C'est avec fierté que l'actrice de la pub pour une crème à base de collagène tempère ce qui semble inéluctable. Car selon des sondages aux sources irréprochables, les femmes seraient pour une grande majorité réceptives aux termes de collagènes injectables.
Des études scientifiques datant de 1992 font des effets secondaires engendrés par ces injections des cas rarissimes. C'est exactement ce que l'on annonce pour les OGM. Or des tests récents (menés sur des animaux) montrent des réactions plus que préoccupantes à ces organismes génétiquement modifiés.

Je voulais juste pointer du doigt les moyens dont disposent les annonceurs pour faire passer tous leurs stocks de pseudo innovations (collagène, botox). Le collagène est dans les cartons des laboratoires depuis plus de 30 ans. Il s'agit maintenant pour les entreprises qui commercialisent cet ersatz de «fontaine de jouvence» de créer -encore une fois- un nouveau besoin. Tout cela en douceur bien sûr. Dans une société basée sur l'apparence, collagène et autre chirurgie esthétique sont dans déjà les moeurs. Ainsi, puisque nous sommes déstructurés du bulbe, cette gentille potiche risque d'avoir raison : Les injections de collagènes attendront ... mais elles arriveront bien assez vite. Car dans l'espace temporel des sociétés commerciales, attendre est un luxe.
On peut s'inquiéter que la recherche en France se voit lâchée par le gouvernement «Fais gaffe à toi». Attendront donc les vaccins contre les fléaux bactériologiques modernes. La ménagère de moins de 50 ans, elle, ne peut pas faire l'économie d'une injection sur ses horribles rides, seule trace physique du temps qui passe.

Nous avons peur de vieillir, peur de la mort. La chape de plomb devient trop lourde dans ces sociétés de l'immédiateté médiatique où les génocides n'intéressent, qu'images à l'appui. Comme dirait Noir Désir, «Là-bas, tout va bien pour moi».
L'illusion est bien plus subtile chez les publicitaires. Le paradis est ici, sur notre sol. Mais il n'est accessible que si l'on succombe aux sirènes de la propagande commerciale, à ce miroir aux allouettes qu'est la Télé réalité, à «L'illusion économique» selon les mots d'Emmanuel Todd (créateur de la «fracture sociale» qui devint en 1995 aussi efficace et conceptuelle que «La Force tranquille» de Séguela). Sinon, l'Eden s'enfuit et l'on retrouve un pays morose où l'on lutte pour ses droits. Un hexagone où vieillir n'est pas qu'une tare, où les discriminations deviennent presque invisibles pour ceux disent avoir entendu «Le message du 21 avril».
En somme, on retrouve un semblant de réalité.
Et cette réalité, la majorité la mange au quotidien.

«Dans les dictatures plus efficaces de demain, il y aura sans doute beaucoup moins de force déployée.
Les sujets des tyrans à venir seront enrégimentés, sans douleur par un corps d'ingénieurs sociaux hautement qualifiés»

-Aldous Huxley- : «Retour au meilleur des mondes»

«EN FIN DE COMPTE, ILS DÉPOSERONT LEUR LIBERTÉ À NOS PIEDS ET NOUS DIRONT : FAITES DE NOUS VOS ESCLAVES, MAIS NOURRISSEZ-NOUS» Le Grand Inquisiteur de Dostoïevski.

Nt1 -03 mai 2004-

Le Figaro, 27 février 2007 : "Ipsen cède son antirides à Nestlé et L'Oréal (...) Pour le moment, seul le Botox du laboratoire américain Allergan est commercialisé. Et il fait un véritable tabac. L'année dernière, les ventes de Botox dans le monde ont frôlé les 400 millions de dollars dans l'indication esthétique. Et désormais d'autres laboratoires voudraient prendre une part du gâteau."

# Postato lunedì 03 maggio 2004 15:47

Modificato martedì 27 febbraio 2007 09:59

L'ART DE LA LIBERTÉ

L'ARTISTE

Celui qui « entend cette voix obscure», cette formidable voix qui de tout temps nous tient debout.
Lorsqu'il ressent les herbes sous ses pieds, le premier matin du monde, lorsque la rosée revient comme au premier jour, il est enfin lui même. Comme l'écrit Elie Faure dans son «Histoire de l'art» : "C'est la seule illusion divine! Nous appelons un Dieu la forme qui traduit le mieux notre désir sensuel, moral, individuel, social, qu'importe!"Voilà ainsi l'artiste à jamais tourmenté. Car chaque soubresaut de vie, chaque souffle se présentent à lui comme l'image même d'un dieu. Et ceux qui l'écoutent jamais plus ne trouverons le sommeil.

Emmanuel KANT, des milliers d'années après Platon, suit la fameuse «théorie des Idées». Ce monde tapis derrière le visible. On ne peut se connaître, on peut connaître ce qui nous entoure (LES CHOSES EN SOI selon Kant). Le temps et l'espace ne sont que des intuitions. Il y a bien un voile entre nous et la «réalité». Celui que l'on nomme le «voile de Maya», ou «Dokos» pour les grecs.
Nous voilà ainsi touchés de tout temps par une amnésie permanente, par une chape d'illusions, voire par un cycle sans fin tel que le conçoit le brahmanisme. Et pour Kant, même l'artiste ne peut rien dépeindre. Bien qu'il soit dans la représentation d'un univers déjà déformé, d'un monde en forme d'hologramme, s'en dessus dessous comme l'écrivait Paul de Tarse.
Voici le fatalisme que je perçois chez Kant. Si l'art ne justifie par nos vies, qui le pourrait?

Si certaines religions (affublées de leurs philosophes «officiels») claironnent haut et fort que l'Apocalypse viendra, c'est précisément pour endiguer le fatalisme d'un Kant et encore plus d'un Schopenhauer. Le jugement dernier, cet instant T où le temps sera aboli, où la Restauration de toutes choses se fera enfin. Ces prophètes sont morts pour rien, il faut parfois le penser. Saint Paul (encore lui), a tenté de justifier la mort du Christ par l'invention du «péché originel». Zoroastre nous a laissé un monde binaire, que Mani reprendra plus tard à son compte. Bouddha est peut-être resté «éveillé» jusqu'à la fin. Qu'en est-il de ses disciples?

Et l'ARTISTE dans tout cela? Le joueur de flûte qui fait fuir les rats, le musicien qui apaise nos âmes, pourquoi revêt-il une telle importance?
Pythagore avait mis en relation l'harmonie musicale et la philosophie. Une harmonie basée sur les mathématiques. Schopenhauer écrivit par la suite que si quelqu'un (Wagner?) arrivait à exprimer en paroles ce qu'était la musique, ce quelqu'un trouverait l'explication du monde, la vraie philosophie.
On retombe assez vite sur un mysticisme débordant. On se perd dans la Kabbale, dans ces Évangiles, on recherche tous les noms de dieu et on en oublie le sien. Or celui ou ceux qui nomment et rebaptisent à leur guise les égarés que nous sommes, ceux là ont le pouvoir ...

Dostoïevski, Goya, Van-Gogh, Beethoven, Nietzsche. Ils ont cherché et ils en sont peut-être morts. La folie de Nietzsche dans les dernières années de sa vie est emblématique à plus d'un titre. Pourquoi ces génies meurent-ils, abattus en plein air par toutes les pathologies mentales possibles? Le CERVEAU humain restera l'Ultime frontière, le théâtre probable de toutes ces inventions.
Si comme le souligne l'auteur de science-fiction américain, Philip K. Dick, cet univers est irrationnel parce que précisément les forces qui le régentent sont dénuées de toute raison, nous avons une explication pour ces artistes déchus. Certains d'entre eux n'ont pas terminé à l'asile (hôpital psychiatrique) parce que leurs questions étaient trop immenses. Non! Ils avaient approché de trop près des éléments totalement incontrôlables et ils en ont épousé leurs formes.

«Ce dont on ne se souvient pas relève de ce que l'on ne peut oublier.» Ce sont sur ces quelques lettres que se termine le film actuellement à l'affiche : «21 grammes».

Nous sommes prévenus depuis la nuit des temps. Entre oubli et attente, entre manque et désir, un choix s'offre peut-être à nous. Le reste est dérisoire et nous n'avons prise sur rien. Même le célèbre blues man Robert Johnson n'a pas eu le choix lorsque, à la croisée des chemins, il vendît son âme au Diable pour pouvoir jouer comme personne et ce jusqu'à la fin des temps.
Les ARTISTES ouvrent la marche et nous montrent une voie, ils nous font partager la «voix obscure» qui les consume.

Si l'on ne peut connaître la LIBERTÉ, on peut la penser!!!



Nt1 -24 janvier 2004- EELS maniac

# Postato mercoledì 21 gennaio 2004 19:06

Modificato venerdì 23 febbraio 2007 12:28

BENNY LÉVY 1945-2003

BENNY LÉVY  1945-2003
C'est sur un plateau de télévision que j'ai vu Benny Lévy pour la première fois, lorsqu'en février 2002, Edwy Plenel l'avait invité pour « Le monde des idées » sur LCI. Kippa sur la tête, l'ancien maoïste (Pierre Victor de son pseudonyme) co-fondateur du journal Libération, proclamait que l'on ne pouvait pas vivre avec « l'Absence ». L'absence d'un dieu, l'absence des autres etc ... Étonnante affirmation pour cet ancien adepte de l'orthodoxie marxiste maoïste.

Élève du philosophe Emmanuel Lévinas, Benny Lévy avait adhéré dans les années 70 à l'humanisme et à la considération d'autrui prônés par l'auteur de « Totalité et infini » (1961).
Mais avant cela, il y avait eu dans la vie de Lévy l'un des pères de l'existentialisme du XXe siècle : Jean-Paul Sartre. Le même Sartre qui invoquait la notion de « délaissement » par Dieu pour en sortir une nouvelle politique de l'homme. Le compagnon d'infortune de Beauvoir qui partait du postulat : « L'existence précède l'essence ».
Or, à la fin de sa vie, dans un entretien publié par le Nouvel Observateur, Sartre confiait à Lévy ses doutes, voire ses objections sur son propre athéisme ainsi que sur certaines de ses oeuvres.
Peu de temps auparavant, Benny Lévy avait donc fait la rencontre avec Lévinas. Le judaïsme affirmé de ce dernier ajouté aux ultimes soubresauts de Sartre lancèrent le philosophe décédé ce 15 octobre 2003 sur les voies impénétrables de Dieu (expression supplémentaire émanant de la culture catholique).

Ils s'appelaient alors Alain Krivine, Pierre Goldmann, Nicolas Boulte, Henri Weber, Robert Linhart, Jean-Louis Péninou, Serge July ou Benny Lévy. Eux, les agitateurs de mai 68.
Sur ces quelques révoltés, certains furent assassinés, d'autres se suicidèrent. Certains optèrent pour le sinistrisme : de l'extrême gauche à l'extrême droite. Et d'autres se débattent actuellement avec un Libération " nouvelle formule" sur le déclin.
Riche parcours que celui de Benny Lévy en somme.

Le philosophe qui vient de mourir à Jérusalem laisse derrière lui l'institut d'études lévinassiennes fondé en 2000 avec Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy.
Il est possible que sa mort ne soulève aucune réaction (au-delà des ondes de France Culture). À moins que son procès commence aujourd'hui. Et avec lui, celui d'Israël notamment.
Étrange coïncidence, ce jeudi matin, dans les colonnes du Figaro, Alexandre Adler écrivait une tribune intitulée : « Epître à Tarik Ramadan » dont voici un extrait :
«Tarik Ramadan, s'en est pris sur Internet à une série d'intellectuels juifs français, leur reprochant leur engagement communautaire et le caractère partisan de ce qu'ils entendent faire passer pour des analyses objectives, et qui ne sont que l'étalement de leurs préjugés ethnocentriques. Cette déclaration a été accueillie par l'indignation des uns, l'embarras des autres, les nouveaux amis d'extrême gauche de Ramadan ».Coïncidence puisque cet article nous prouve que rien ne s'arrête sur le front français de la connerie. Au passage, pourquoi le Figaro ne cite pas outre mesure la mort de Benny Lévy ? Étrange sectarisme. :-)
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Comme le soulignait Albert Memmi dans « Portrait d'un juif » (1962), lorsqu'une nation va mal, lorsque la crise s'installe, les Juifs présents dans le pays peuvent se faire du souci. Depuis quelques années, on revoit l'antisémitisme prendre du poil de la bête en France. Associé à un anti-américanisme de base (deux fléaux décrits par Michel Winock dans « Nationalisme antisémitisme et fascisme en France »), les deux anti ont beaucoup de succès dans les courants de la gauche française, et pas seulement d'ailleurs.
Dans son « Laboratoire de catastrophes générales » (hautement appréciable cela dit), Maurice G.Dantec fustige cette gauche bien-pensante, les nihilistes onusiens qui regardent les conflits se fairent et se défairent. Il remet en scelle quelques auteurs trop souvent ... crucifiés : Drieu la Rochelle, Joseph de Maistre ou encore Léon Bloy. En somme, une frange de la littérature catholique française ignorée certes (l'oubli est de taille lorsqu'on connaît les écrits de Drieu), mais dont les fondements antisémites ne sont plus à prouver.

Tout est reproché aux Juifs et particulièrement en France. Les aberrations fusent en provenance de la gauche comme de la droite.
Au centre de tout cela depuis 50 ans : ISRAEL.

Benny Lévy était devenu pour certains un véritable fanatique religieux. Il est vrai que si des milliers de juifs orthodoxes se sont pressés ce jeudi pour suivre les cérémonies funéraires du philosophe, ce n'est pas le fruit du hasard.
Pour le défendre, restent Alain Finkielkraut et BHL, malheureusement trop utilisés par les médias ces derniers temps et donc peu crédibles à ce jour (enfin BHL, tout Malraux qu'il voudrait être est ridicule depuis des décennies).

Il y a un peu du film « Les invasions barbares » dans le parcours de Benny Lévy. Il y a dans les routes empruntées par cet homme le renoncement aux fondamentaux du socialisme athée. Un virage motivé par les attaques que subissent les Juifs du monde entier et non seulement les Israéliens.Il faudra encore d'autres figures pour souligner que les opprimés (quelque ils soient) sont toujours privés de leur histoire et qu'à sa place vient se mouvoir dans les consciences les fantasmes en tout genre : le fantasme de l'Orient (feu Edward Saïd), les fantasmes sur le peuple juif (Marx, Memmi etc...).


« Je crois que la mort, tôt ou tard, se révèle en tout, et que toutes ces éternités et immortalités, si avantageusement affirmées, ne sont que de pauvres assurances que nous essayons de nous donner contre elle »
-Albert Memmi- : « Portrait d'un juif »


Nt1bel -16 octobre 2003-

# Postato giovedì 16 ottobre 2003 13:28

Modificato sabato 03 dicembre 2005 07:42