DU PRINCIPE D'INERTIE EN INTRODUCTION
Claude Lévi-Strauss
Bienvenue sous la thermosphère où l'équilibre est en péril. Gaïa flambe et les annonces se multiplient. Le Réseau Action Climat propose 10 mesures à l'attention de mesdames et messieurs les présidentiables 2007. Un minimum qui devient un luxe à l'écoute des timides mesures proposées par le Premier Ministre français, Dominique de Villepin, le 13 novembre dernier. Outre-Manche, l'horizon climatique s'élargit pour englober le genre humain : Ten years to save the planet from mankind selon la journaliste de l'hebdomadaire britannique The Observer, Gaby Hinsliff . Dix ans et 5 mesures d'urgence : zones de « non vols » aériens, biocarburants... Le gouvernement anglais tenait à marquer quant à lui sa mobilisation vis-à-vis du Global Warming en publiant, fin octobre, le Stern Report. Un document officiel de 600 pages qui évalue, à hauteur de 5 % à 20 %, la baisse du PIB mondial si une politique d'indolence persistait face au réchauffement climatique. Une perspective qui pourrait coûter 5 500 milliards d'euros . Par ses travaux, la classe politique britannique refuse la propagande américaine au sujet d'un péril économique lié aux mesures anti-pollution. Inversion axiologique ! Il y a bien péril économique selon le rapport Stern, mais il est frappé du sceau de l'inaction.
Nous le voyons, plus une nation a le sens du mythe moderne (comme outil de propagande ; j'espère que les précédents articles vous auront fait sentir la différence entre mythes antiques et fables modernes), et plus ses choix seront suivis par le plus grand nombre. L'idéologie américaine est encore au c½ur du sujet, l'Europe elle n'est pas en reste. Les Etats-Unis d'Amérique représentent 30% des émissions de CO2. Par une propagande massive et globale, Think Tanks avisés et autres lobbies font du réchauffement climatique une fantaisie, affublent le péril économique d'une réalité intangible. Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, emploie d'ailleurs le mot mythe pour dénoncer la propagande faite autour du spectre du déclin. A l'inverse, Philip Stott, professeur émérite de biogéographie à l'Université de Londres (co-auteur de Ecologie politique : la Science, le Mythe et le Pouvoir) parle de « mythe nécessaire » pour dénoncer l'idée de réchauffement climatique en Europe. Voyez donc à quel point les armes sont les mêmes.
Terra Mater aurait un jour ou l'autre traversé l'un de ces portails magiques climatiques (magic gate). Mutatis mutandi. Mais c'est bien l'ère de l'Opulence, du zoo humain, la surexposition de l'Eros qui épuisent nos ressources, empêchant ainsi les habitants des principaux pays pollueurs d'entendre le mot rareté. La géopolitique est pourtant fille du Dieu Rare : pétrole, eau, gaz, tout se paye comptant.
Le repos n'est qu'un mouvement partagé
Parce qu'entre corps qui partagent le même mouvement rien ne change
