RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE : Machines désirantes contre Nature -I-

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE : Machines désirantes contre Nature -I-
RECHAUFFE-MOI SI TU PEUX (Heat me if you can !)
« Telle doit être notre conception de l'interdépendance économique : éviter à tout prix de dépendre des autres plus qu'ils ne dépendent de nous »
Cheikh Anta Diop

La balance décompte : le Courant Atlantique Nord ralentit ou disparaît, les forêts pluviales d'Amazonie sont rayées de la carte, une explosion en sous-sol libère des hydrates de gaz en masse (scénario éprouvé il y a 55 millions d'années). 3 éventualités, 3 symptômes d'un possible changement climatique. Pour ce qui est des deux premiers, nous en serions responsables.

Bob Woodward, éternel pourfendeur de Nixon aux côtés de Carl Bernstein, dénomme ce système State of Denial. C'est avec le Diable au corps que certains Think Tanks influencent, depuis les fonts (d'investissements) baptismaux, pléthore de décideurs politiques. Le gouvernement fédéral des Etats-Unis d'Amérique (et ses alliés) veulent la paix et préparent donc de nouvelles guerres. La République populaire de Chine prend d'assaut l'Afrique et lance tout azimut des partenariats économiques. L'Afrique fait figure de continent impuissant face aux bouleversements climatiques. Ce n'est ni le problème des Etats-Unis, ni celui de la Chine. Avec le Soudan ou le Tchad, Pékin fait la nique à Washington. N'oublions pas le fantastique Pygmalion « Grand Moyen-Orient » idéologique américaine qui regorge de carburants fossiles.

La ruée vers l'Or noir, blanc ou blanc oblige Gaïa à cracher. Le dieu pétrole s'essouffle, le Roi charbon a la côte. King Coal est « partout, alors qu'une part croissante du pétrole et du gaz est produite dans des régions politiquement instables » (Jean-Michel Bezat, Le Monde). Le charbon ou la fin de la dépendance énergétique pour l'Europe ? Moins coûteux, abondant, tout va pour le mieux. Quant aux petits inconvénients écologiques, lisez donc cet écueil vu sur le site de Total. On en oublierait presque que mister Coal fournit une énergie fossile.

Plongeons à présent au c½ur d'organisations qui oeuvrent pour que disparaissent toute référence à un quelconque risque planétaire. Définies comme étant des « global warming sceptics », elles luttent notamment contre le Protocole de Kyoto et Clean Air Act. Certains défenseurs de l'environnement les regroupent sous le patronyme de Carbon Club. Encore une fois, pas de manichéisme, ces organisations ne sont pas l'incarnation du Diable. En Australie, The Lavoisier Group est un exemple emblématique. Lisez donc cet article du journal australien The Age. Citons également pêle-mêle :

National Mining Association
Edison Electric Institute
Frontiers of Freedom
Texaco British Petroleum
American Petroleum Institute


Sans des Think Tanks et autres lobbies (réunissant notamment les entrepreneurs les plus importants du globe) acquis à la cause de l'urgence en matière de réchauffement climatique, les rouages de l'action resteront rouillés. Imaginez que feu la Fondation Saint-Simon réunissait jadis des personnages tels François Furet, Alain Minc, Pierre Rosanvallon, Luc Ferry, Françoise Giroud Jacques Rigaud, Antoine Riboud, Christian Blanc, Jean-Luc Lagardère, Jean Daniel, Jacques Julliard, Laurent Joffrin, Jean Boissonat, Jean-Pierre Elkabbach ou Michèle Cotta. L'influence est immense. Et en fonction de leurs aspirations, ces groupes peuvent se servir de la puissante raison du Mythe en s'adressant, à bon escient, à nos émotions. Les mythes sont des outils pour notre Planète (avec le Comité de veille écologique autour de Nicolas Hulot par exemple) ou des armes tournées contre elle.


CONSOMME-MOI, EROS CONSUMME NOUS
« La production désirante est la catégorie effective d'une psychiatrie matérialiste, qui pose et traite le schizo comme Homo Natura. »
Gilles Deleuze & Félix Guattari L'Anti-Oedipe

Le Bonheur vécu au sein des sociétés de consommation est paradoxal car incomplet. Pour le sociologue Gilles Lipovetsky, notre siècle marque l'avènement de l'hyperconsommation. Une terre brûlée où les modes de vie et les goûts de l'hyperconsommateur « dépendent du système marchand ». Ces modes de vie sous influence de mythes commerciaux déterminent en partie les risques d'un bouleversement du climat.

La publicité se sert habilement de la vague de l'Eros qui a chamboulé l'Occident au XXe siècle. La conception de l'amour est devenue un talon d'Achille pour l'humanité et pour la Nature. Voitures et parfums stigmatisent en publicité tous les clichés. Actuellement, sur les écrans de cinéma, les propagandes commerciales pour Air France, Kenzo ou Orange traduisent bien ces faux-semblant teintés de mysticisme au rabais : écoeurant! La presse magazine ne cesse de multiplier les suppléments « Sexe » et les récits de lolitas à la sensualité précoce. Le magazine français Isa voit l'année 2007 comme une « année du Moi ». L'enseigne Virgin Megastore illustre son éphémère slogan « La culture du plaisir » en nous montrant une femme nue...Edifiant. Il y a bien le mot « cul » dans culture, mais où est le rapport ? L'Ero-tisme, l'auto-érotisme. Et un désintérêt pour la Nature évident.

L'Amour est devenu selon D.H Lawrence un processus dont « nous avons fait un but ». Pour Denis de Rougemont, la naissance de l'Erotisme a été véhiculée par ces mythes, ces personnages de fiction, ces opéras grandiloquents, ces Hamlet, Roméo, Juliette, Dom Juan, Tristan et Yseut...Les immenses écrivains contemporains que sont Henry Miller, JD Salinger, Dany Laferrière, Vladimir Nabokov, Georges Bataille, Michel Houellebecq, Hubert Selby Jr, ainsi que ces anthologies d'hier : Ovide, Sade, Omar Khayyam... Autant de vecteurs de l'Eros.
Dorénavant, l'équation est la suivante : L'amour a été complètement remis en question dans les premières années du XXe siècle. L'érotisme est à l'½uvre dans toutes nos productions de machines désirantes. Dans la musique que nous sommes nombreux à écouter, ces hymnes chantés par Kelis, Justin Timberlake, Marvin Gaye, les Beatles, Michael Jackson, , Beyonce, Aphrodite's Child, Led Zeppelin...; L'Eros et le pathétique sont partout. Ma posture n'est pas un puritanisme. L'érotisme est entré en collision avec le christianisme voilà des siècles. D'ailleurs, ce n'était pas un affrontement du temps de Salomon et du poétique Cantique des Cantiques biblique : « Voici, tu es beau, mon bien-aimé ; oui, tu es agréable ! Oui, notre lit est verdoyant. ». Puritains et pornographes ont su acquérir une place de choix, créer des besoins devenus indispensables. Les fils de la Gnose comme ceux du Vatican font partie de notre monde et la question n'est pas de les détruire, mais bien de comprendre les mythes qui nourrissent leur communication. Car nos désirs libérés détruisent cette planète...

La question de la pornographie est posée. Ce n'est pas la sexualité qui inonde nos sociétés mais l'érotisme : le désir à tout prix. Les cultures portent en elles l'érotisme comme la nuée porte l'orage. Nous n'avons pas le temps ici de prolonger le chapitre « Pour une mythanalyse de la culture ». rédigé par de Rougemont dans Les mythes de l'amour. À chacun de comprendre combien notre ignorance mythologique exacerbe les émotions, accroît le voyeurisme, la possession ; détruisant la Grande barrière de corail, le damier de Taylor (Euphydryas editha), l'escargot Tiphoboia horei. Et avec la biodiversité, nos passions désirantes emportent également la Femme...

A SUIVRE...

# Postato mercoledì 13 dicembre 2006 18:32

Modificato martedì 18 dicembre 2007 04:17

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE : "Au commencement était le faire" (Goethe) -II-

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE : "Au commencement était le faire" (Goethe) -II-
DENI DE LA FEMME, RENIEMENT DE LA TERRE
« Il semble que les principales religions que nous connaissons tirent leur forme de l'image paternelle, et les religions plus anciennes de l'image maternelle »
Carl Gustav Jung

La domination masculine de Pierre Bourdieu reprend l'idée que les femmes demeurent des « instruments symboliques », et ce depuis que l'inceste est devenu le Tabou fondateur de nos civilisations. Tout a été fait pour oublier que jadis le matriarcat fût. Il existerait d'ailleurs un corrélat entre la notion de sacrifice et le passage du matriarcat au patriarcat (au cours duquel la Déesse Mère fut anéantie par le Père). Imaginez donc tous ces attributs qui recouvrent aujourd'hui la condition masculine et la servitude féminine :
- La virilité comme démarcation de la mère, puis comme déni de la femme. Ou comme l'écrivait Bourdieu, « Qu'est-ce qu'en définitive la virilité sinon une non-féminité ? »
- La femme comme capital symbolique
- Le corps de la femme comme matrice, « limite de l'expérience universelle du corps »
- Le vagin comme fétiche (y compris avec le culte de l'orgasme féminin)
- L'acte sexuel comme domination, le Phallus comme Totem
- La masculinité comme noblesse
- La féminité comme « complaisance à l'égard des hommes »


Et la liste est loin d'être exhaustive. Il en va ainsi du patriarcat, de cette « mythologie élaborée autour de la fécondité agraire, de la métallurgie et du travail » (Mircea Eliade)... et du sacrifice. Vous pouvez toujours lire Le Droit maternel de Johann Jakob Bachofen (1815-1887), mais je doute qu'il puisse bouleverser notre vision avilissante de la femme, la deuxième moitié du ciel. Car ne nous y trompons pas, entre les libertés des femmes et l'abolition pure et simple du masque de Janus Masculinité-Féminité, il y a des siècles d'écart.

La « sexualisation » de notre environnement transforme la Terre en utérus malléable et aboutit selon Mircea Eliade à l'axiome suivant : « La création est un sacrifice » . Résonne alors le « Ne travaillez jamais » de Guy Debord face au fronton mortuaire du camp d'Auschwitz : « Arbeit macht frei » (Le travail apporte la liberté).
La Terre ne cesse d'être sacrifiée, labourée, brûlée, mise en jachère.

Antogonisme ! Face à ce mythe d'une Terre servile que nous abreuvions de sueur et de sang, celui de l'abolition des douleurs devient la référence absolue des hyperconsommateurs. D'une main nous vénérons le travail, de l'autre nous tentons de sublimer les souffrances physiques ou psychiques. La lutte contre la douleur est un combat mondial, et ce n'est pas mon propos ici d'en faire une quelconque critique. L'idée serait d'exposer un transfert. Ou comment notre illusion d'immortalité a trans-migré vers la Planète Bleue ? Tout simplement par ces syllogismes modernes : Si je ne souffre pas, je suis immortel. Puisque je suis immortel, la planète que j'habite l'est aussi.


IMMORTALITE DU CORPS, NEANT DE L'AME
« Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles. »
Paul Valéry

Le corps de la femme n'est plus le seul à revêtir une dimension monétaire. Nos carcasses sont toutes de véritables produits et « l'artifice médical, l'artifice psychiatrique, l'artifice esthétique valent l'assurance contre l'échec qui restituerait au corps sa part de réel, d'aléa, de risque » ainsi que l'analyse Hervé Juvin dans son essai L'avènement du corps . Le XXe siècle a forgé dans les limbes de l'après-guerre un nouveau sanctuaire en bringuebalant avec lui une dictature du présent. Le mouvement est séculier, mais son aboutissement est sans précédent. En France, l'espérance de vie en 2005, à la naissance, était de 75 ans pour les hommes et 83,5 ans pour les femmes (Mesdames, vous le valez bien...). Et cette espérance croît de près d'un trimestre chaque année.

Quel rapport nous direz-vous entre l'avènement du corps comme révolution temporelle et notre Terre ? Le déni de réalité, le narcissisme poussé à son paroxysme. La question n'est pas de s'émouvoir des Desperate Housewives ; désespérantes devantures de produits de beauté et autres chirurgies plastique. Ces femmes ne sont qu'un miroir opulent. Non, le lien est ailleurs.
Nous avons quasiment supprimé, au sein des sociétés postindustrielles, une souffrance physique qui constituait jadis le tribut à payer pour cultiver les terres. Aujourd'hui, nos petites morts quotidiennes doivent être pensées et pansées dans la minute. Nos morts annuelles annihilées sous huitaine (c'est contractuel). Tout processus doit comporter une genèse, un développement, une stagnation, une chute et une fin. Or les cycles disparaissent. Par des pressions industrielles, financières, commerciales et publicitaires nous pédalons dans le vide.

Si nous n'avons pas le luxe de regretter les mythes primordiaux, l'absence de rites significatifs, notamment en milieu urbain (le zoo humain), nous laisse sans repères.
Nous pensions Gaïa immortelle, inépuisable. Elle nous le rend bien.

A SUIVRE...

# Postato mercoledì 13 dicembre 2006 14:12

Modificato venerdì 01 gennaio 2010 14:10

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE : Machines désirantes contre Nature -The End-

Ci-dessus, une vidéo de Tim Flannery... le climatologue australien.

ETRE OU AVOIR
« Éros, qui était un dieu pour les anciens, est un problème pour les Modernes. »
Denis de Rougemont

L'existence précède l'essence. Si être c'est devenir, celui de dames Tropopause et Stratosphère risque de n'être qu'un amoncellement de souffrances qui feront du néant leur essence. Finie la survie de la logique car voici venue la logique de survie. Le mythe du Paradis Perdu ou celui de l'Age d'Or (que nous n'avons pas à regretter au demeurant) structuraient jadis ces sociétés que l'on nomme aujourd'hui « primitives » et qui croupissent au Quai Branly. Dorénavant, la fuite en avant dictée par des inventeurs et des révolutionnaires de génie tel Steve « God » Jobs est notre credo.

La philosophie de l'Histoire est d'inspiration chrétienne. Avec elle, le culte du Progrès a vu le jour dans les limbes pontificaux, à la naissance du Purgatoire. Aujourd'hui, le Métrosexuel tant prisé par les campagnes de communication, le bouffeur de MTV (j'en suis) qui ne jure que par ses outils ; cet homo et son corps sont les otages de l'instantanée conception : le présent. Pour peu qu'il soit urbain, schizophrène en puissance, coupé de tout et de tout le monde, cet animal tient du déni. Il nie la terre nourricière ou l'apprentissage des saisons. Il nie ou il a tout oublié. Le psychologue social Serge Moscovici définit nos sociétés comme étant contre-nature. Pour ce qui est du sentiment écologique, difficile de pointer du doigt le Baby-Boom qui a accompagné la naissance d'une écologie politique. Là encore, l'avis de Serge Moscovici est passionnant. Voici ce que le pionnier de l'écologie déclarait au journaliste Stéphane Lavignotte en 2000 :
« La plupart des changements sociaux sont l'½uvre des minorités. De mon point de vue, le mouvement écologiste est une minorité. Pas seulement du point de vue de la quantité mais aussi du point de vue de la psychosociologie, il devrait se considérer comme une minorité. »
Les immuables ingrédients d'une révolution sont ici réunis. Un siècle auparavant, Gustave Le Bon écrivait dans Psychologie des foules que les grands changements s'opèrent en silence, dans l'ombre. Or l'homo modernus-cretinus a besoin de mastiquer de l'information luminescente et d'imaginer le messianique Grand Soir à coup de FLUx-RSS. Alors il commence à cogiter.

Contre-nature. Tout semble avoir été écrit il y a des siècles, à l'ombre de la Réforme. Depuis Max Weber (L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme), nous tenons pour acquis que le rapport à l'argent et au travail, au sein des sociétés occidentales, fût modelé par une éthique capitaliste issue du protestantisme. Ce même esprit du capitalisme dont Weber estime qu'il eut été, aux yeux l'Homme pré-capitalistique, le « comble de l'inconvenable, de l'énigmatique, du sordide et méprisable » ; cet esprit, où l'auri sacra fames (l'avidité pour l'or) et la chrématistique sont reines, a bâti nos habitudes de consommateurs et les fondations de nos tombeaux. Le XXe siècle nous a montré qu'à la logique de l'immense théologien Martin Luther (le travail telle une missive divine) est venu s'ajouter l'hyperconsommation hédoniste.
Depuis la « révolution copernicienne », et malgré les 3 Critiques d'Emmanuel Kant pour refondre une métaphysique, le culte du Progrès n'a eu de cesse de s'accroître. Qui peut dire aujourd'hui dire combien de satellites virevolte autour de la Planète Bleue et surtout pourquoi ? Progressus, ou l'action d'avancer, mais avec quelle logique ? Sans aller jusqu'à l'eugénisme ou l'armement, est-ce la notion de progrès qui obligent les entreprises à créer chaque mois des milliers de nouveaux produits dont la plupart n'ont aucune utilité ?

La révolution sociologique aurait pu nous sortir de nos déboires environnementaux. Elle le peut encore. Elle le peut car elle est la science d'une société de masse selon les termes de Raymond Aron. Au détour de sa Philosophie critique de l'histoire; l'ancien rédacteur en chef du journal La France Libre (Londres) retrouve Emmanuel Kant en écrivant que « Toutes les interprétations chrétiennes ou philosophiques étaient toujours transcendantes parce qu'elles cherchaient dans un but lointain ou dans une volonté supérieure la raison du devenir. Désormais la signification de l'histoire est immanente à la vie. ».


NOUS N'AIMONS PLUS CETTE TERRE ET ELLE NOUS LE REND BIEN
« I'd rather be a forest than a street.
Yes I would.
If I could,
I surely would
»
Paul Simon El Condor Pasa»

Le scientifique australien Tim Flannery expose dans The Weathers Makers l'idée que les mouvements migratoires incarnent l'unique solution pour la survie de la biodiversité. Or d'ici peu, l'homo sapiens accouchera du 9 milliardième petit être poilu et perfectible. La biodiversité est piégée. Les espèces disparaissent en masse, 17% de l'Humanité manque d'eau. Bref, le zoo humain, fruit de l'urbanisme, suffoque.

Pour la première fois dans l'histoire de nos civilisations, une révolution ne peut ni ne doit être l'apanage d'une classe sociale ou l'émanation du seul Contrat Social. Le Pacte Ecologique proposé par Nicolas Hulot est une étape, non une fin en soi. Le changement est un miroir aux mille facettes : consuméristes, physiques, psychiques, politiques, industrielles, religieuses, morales, éthiques, collectives et avant tout individuelles. Les solutions seront appliquées par le noyau incandescent du genre humain (L'Ego) et son champ magnétique (La Famille).

Le paradoxe d'une révolution écologique est ainsi posé : nos émotions nous ont poussés vers des sommets, puis dans une impasse. Seule une foi immodérée en cette planète nous sortira du labyrinthe.
Aimer s'apparente à un sentiment religieux, à une croyance. Nous voilà pourtant tout juste amoureux de nos reflets narcissiques, de cette nécessité du Moi (André Gide, Paul Valéry). Par cet auto-érotisme maniaque permanent, nous détruisons absolument tout. Narcisse prenait des leurres pour la réalité. Dante, au Paradis (Chant III), imagine la réalité comme étant un leurre. Face au réchauffement climatique, quelle posture allons-nous prendre? Nos appétits, notre amour pour nous-mêmes ont toujours été des préalables à la survie de l'espèce. Mais aux rouages ancestraux est venu s'ajouter l'Agapê chrétien (Epitre de Paul : « N'aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde ») ou encore l'Eros vu par les romantiques du XIXe siècle. Sublimation de la souffrance par la souffrance (christianisme), abolition de la souffrance par le plaisir (érotisme). Dualisme, paradoxe. Une haine de la Nature, deux visages.


Allons-nous attendre sur le Rivage des Syrtes que l'eau charrie Messie et Déluge ? Ou allons-nous suivre Montaigne et son « rien si beau et légitime de faire bien l'homme et dûment » ?

FAIRE BIEN LA FEMME ET L'HOMME ; DUMENT LIES A GAIA
QUE TOUT CHANGE POUR QUE RIEN NE CHANGE

A Arkana, l'inoubliable

Nt1bel Décembre 2006-

BIBLIOGRAPHIE sélective :
- Tim Flannery : « Les Faiseurs de pluie »
- Jean-Marc Jancovici - Hervé Le Treut : « L'effet de serre »
- Gilles Deleuze - Félix Guattari : « L'Anti-¼dipe »
- Julia Kristeva: « Histoires d'amour »
- Denis de Rougemont : « Les mythes de l'amour »
- John-Kenneth Galbraith : « Les mensonges de l'économie »
- Raymond Aron : « La philosophie critique de l'histoire »
- Hervé Juvin : « L'avènement du corps »
- Stephen Boucher - Martine Royo : « Les Think Tanks »
- René Guénon : « Orient et Occident»
- Desmond Morris : « Le zoo humain »




"Le globe connaît cette année des conditions météo extrêmes : des inondations records qui ont perturbé New York hier à la mousson catastrophique en Inde. Des phénomènes climatiques qui vont se multiplier, d'après un rapport de l'Organisation météorologique mondiale, à Genève.

L
'ANNÉE 2007 sera sans doute celle de tous les records météorologiques et climatiques. En attendant pire. Car les scientifiques en sont maintenant certains, un règlement du climat est bien perceptible. Et les pnomènes dits « extrêmes », qui s'accentuent depuis une cinquantaine d'années, devraient continuer à se multiplier. Telle est la conclusion d'un rapport que l'Organisation météorologique mondiale de l'ONU et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) viennent de rendre public."

«
Sans être catastrophistes, ce que nous voyons aujourd'hui ne sont que les prémices des dangers futurs à l'horizon 2050, confirme Hervé Le Treut, membre de l'Académie des sciences et du Giec. Le problème touche toute la planète et tous les secteurs d'activité.» "
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# Postato mercoledì 13 dicembre 2006 13:37

Modificato martedì 18 dicembre 2007 04:11

LES PASSIONS DU MYTHE : Virus Mythologiquement Transmissibles (VMT®) -I- Juillet 2006

LES PASSIONS DU MYTHE : Virus Mythologiquement Transmissibles (VMT®) -I- Juillet 2006
Les mythes archaïques et antiques semblent abolis. Leur rôle de guérisseurs, les vertus de l'Eternel Retour, envolés. À l'image de Tolkien, nous créons nos mythes modernes pour asseoir des généalogies nationales. Le « Nationalisme intégral » vit sous nos yeux un essor faramineux, aidé dans sa quête par la mimésis qui consiste parfois à faire comme si, sans même une once de connaissance. On ne parle plus, finies les structures verbales. Place au silence et aux passions tristement politiques. Place au spectacle mythique.
Mesdames, messieurs, entrez donc ! Les déchetteries à ciel ouvert, nos médias, notre Hollywood, notre Amérique, notre ésotérisme, vous souhaite la bienvenue. Pornorama, divination du réel et réalité fantasmée vous attendent entre ses lignes et leurs courbes girondes.
Les « Virus Mythologiquement Transmissibles » symbolisent la mort de la pensée. Barrès, Maurras, Kémi Séba, Berlusconi, Najib Azouri, Ibn al-Wahhab, de Villiers, Le Pen, Louis Farrakhan se tapissent dans ces paragraphes. Les mythes vous ont eus ! Toute résistance est inutile.

Doucement, douce mort à volonté.


LA CONDITION HUMAINE PERDUE

Impossible d'évoquer les mythes sans en apporter une première définition littérale. Voici ce que l'on peut lire dans Le Petit Robert : « Récit fabuleux, transmis par la tradition, qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine. » Le mythe est un récit sacré qui narre l'Origine du Cosmos, le Chaos originel et la rencontre entre les quatre éléments que nous connaissons : l'Air, la Terre, l'Eau et le Feu.
Si nous décidons à présent d'aller au-delà le philosophe allemand Hans Blumenberg écrivait en 2001 dans La raison du mythe : « Le mythe intervient lorsqu'un rite, une cérémonie ou une règle sociale ou morale demandent une justification, une garantie d'antiquité, de réalité, de sainteté. » Le XXe siècle ainsi que le XXIe entretiennent une ambiguïté redoutable. Alors que les sociétés dites archaïques savaient distinguer mythe, fable et fantaisie, nous sommes aujourd'hui incapables d'en faire autant. Illusions ? Histoires vraies ? Mircea Eliade affirmait que connaître les mythes, c'est apprendre le secret de l'origine des choses. Depuis Julien Benda et La trahison des clercs, nous savons qu'au spirituel, les gardiens de nos temples ont préféré le réel et la pratique. Le nationalisme plutôt que l'Universel. Les frontières au détriment du Cosmos. En 2006, globalisation rime souvent avec oubli du sens. Nos fantaisies apportent une justification à la consommation sans aucune compréhension. Les Temps Primordiaux sont oubliés.
Par exemple, chez les Osages, une tribu nord-américaine, dès sa naissance, le nouveau né voit se voit compter l'origine de l'Univers, le mythe cosmogonique. Puis, alors qu'il est en âge de manger autre chose que des aliments pilés, le jeune garçon écoute les mythes, apprend d'où viennent ces céréales qui le nourrissent. Il n'est pas question ici de sornettes publicitaires au sujet d'un chien hystérique prêt à vendre sa mère pour un grain, d'un petit garçon avare et d'un champ de céréales chocolaté.

La quête du sens abolie, les phratries s'égorgent dans un joyeux fatras. Le Choc des Civilisations annoncé entre Islam et Judéo-christianisme participe d'une loi universelle de bipartition, voire de tripartition. Or pour comprendre que malgré des totems différents nous sommes liés, il faut savoir pourquoi Saint Paul, dans son Epître aux Romains s'en prend aussi radicalement aux Juifs et aux Grecs. Et pourquoi le Saint Coran, tout en reconnaissant les précédents prophètes, se démarque des Juifs et des Chrétiens qui ne voulurent pas voir en Muhammad le dernier des prophètes. La Condition humaine passe par le bûcher des vaniteux. La fin du roman d'André Malraux ne pourra plus contenir cette pensée : « Tous souffrent (...) et chacun souffre parce qu'il pense ». Nous ne souffrons plus dorénavant ! Nous purifions notre sang aux frontières.

« En vérité, Allah ne modifie point l'état d'un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » Le Saint Coran, Sourate 13 (Le tonnerre), Verset 11


SI TU VEUX LA PAIX, PREPARE TES MYTHES

L'aspect des mythes qui ostracisent aujourd'hui l'Occident, soit par ce fantasme européen d'une Asie comme espoir eschatologique d'une renovatio universelle, soit par le rejet de l'Afrique est clairement un ethnocentrisme. Certains enfants de l'Action française, les nostalgiques du IIIe Reich voient en l'Inde le berceau de la Synarchie, cette fumeuse théorie des Rois du Monde décryptée par René Guénon. Fascination pour les castes, croisades contre l'individualisme, transcendance par la Nation ethnique. Autant de thèmes qui dépassent de loin les frontières de l'Inde mythique pour aller diviser la Côte-d'Ivoire, le Guatemala, Le Libéria, la douce France ou le Soudan.

Les civilisations sont la résultante de siècles de guerres, de commerce et de transmigrations. Des bords de la Méditerranée jusqu'aux confins de l'Asie, à ces civilisations indo-européennes qui de Mithra à Mars ont fondé Rome et à cette civilisation nègre soudano-égyptienne, Cheikh Anta Diop (1923-1986), René Guénon (1886-1951), Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939), Bronislaw Kaspar Malinowski (1884-1942) ou Georges Dumézil (1898-1986) leur ont consacré des vies entières. Fernand Braudel (1902-1985) regroupait ces imbrications sous le patronyme de Télé-histoires. L'Occident, comme toute civilisation, se nourrit de « mondes en apparence défunts et qui cependant vivent toujours ». Et cette continuité historique et fondatrice a connu son ciment. L'impérialisme romain et la Pax romana représentent sinon l'essence de l'Occident, son principal promoteur aux côtés du christianisme. Empereurs et rois firent des mythes et de la religion un véritable instrument pour asseoir leur soif d'irrédentisme.
Ferdinand II d'Aragon, roi d'Aragon en 1479 et qui participa à faire de 1492 l'Année cruciale, mit fin à la dynastie arabe de Grenade en Andalousie. Il fut à l'origine du décret d'Alhambra qui expulsa les Juifs d'Espagne. Ferdinand et son épouse Isabelle feignaient l'indignation religieuse pour pouvoir massacrer au nom du Christ. Car ainsi que nous l'a enseigné l'oncle Machiavel, le Prince doit toujours penser à la guerre, surtout en temps de paix ! Aujourd'hui, ce serait plutôt : Si tu veux la paix, prépare tes mythes.

# Postato martedì 11 luglio 2006 12:06

Modificato martedì 22 maggio 2007 10:02